À plat ou en volumes, Franta nous offre une plongée dans son art et son âme. A travers les Hommes qu’il déstructure, qu’il travaille jusqu’à la contorsion, c’est la condition humaine qu’il expose sans fard. Il travaille, littéralement torture, l’Homme comme il a été torturé dans le XX è siècle. Des plus hauts lieux du raffinement européen, Vienne et ses alentours, a surgi la barbarie. L’infamie de la torture des millions d’Hommes dans leurs corps. L’ignominie de la destruction de l’âme des Européens. Il use du bronze afin d’échapper au fer qui sépara l’âme et le corps. Le fer qui découpa les corps.
Des creux du physique suinte la douleur. Il montre l’amputation des membres qui font un Homme. Parfois manque un pied qui fait la racine…
Il a reculé face à l’horreur de la déshumanisation, est parti se chercher à l’origine. Sur le continent d’Eve, son œuvre a pris un nouveau tournant. Dans l’Africaine il a trouvé la femme, qui l’a réconcilié avec l’Homme. La chair ample, la rondeur des formes du corps ont apaisé l’âme qui finit par sourire dans les visage des femmes, pour un temps. Pourtant, la négritude chère à Césaire n’a pas procuré le repos à Franta. L’exil des Noirs le renvoie à l’exil du Tchécoslovaque. L’exil qui marque les corps comme les coups ; le sang, les barbelés et les scarifications émaillent ses peintures et chacun des corps en mouvement. L’exil, in fine celui de l’âme. L’exil interminable de l’Homme dans son Histoire. Même lorsque les corps sont en repos, les âmes ne trouvent point de paix. Les visages se dérobent, se cachent et se tournent vers cette Terre. Franta s’interroge, ses sujets également. Pourquoi ? Et jusques à quand ?

Élodie Perolini

Posted by:Elodie Perolini

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